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La consommation de conservateurs augmente le risque de cancer et de diabète de type 2
Sorti il y a 50 ans déjà, le film l’aile ou la cuisse de Claude Zidi avec Louis de Funès et Coluche, présentait avec affres le développement de la nourriture industrielle ou malbouffe, ce qu’on appelle aujourd’hui la nourriture ultra-transformée : cette nourriture issue de procédés industriels, sans aucun équivalent domestique, ou les aliments contiennent généralement plus de 5 ingrédients, voire beaucoup plus. Ces ingrédients en plus du sel, du sucre, des huiles et autres matières grasses comportent aussi des anti-oxydants, des stabilisants et des conservateurs. Les conservateurs appartiennent à la famille des additifs alimentaires et sont largement utilisés par l’industrie agroalimentaire pour prolonger la durée de vie des aliments qui les contiennent. Ils se divisent en non-antioxydants (de E200 à E299) et antioxydants (E300 à E 399). Les premiers retardent la croissance microbienne ou ralentissent les processus de changements chimiques détériorant les aliments, les seconds retardent ou empêchent la détérioration par oxydation des aliments. Les chercheurs participant à deux études, ont montré les effets délétères sur la santé de la consommation régulière de ces substances. Une consommation plus élevée de conservateurs alimentaires est associée à un risque accru de cancer et aussi de diabète de type 2. Premières mondiales, ces études doivent être confirmées, mais elles concordent avec les données expérimentales suggérant des effets néfastes de plusieurs de ces composés. Ces nouvelles données s’ajoutant à d’autres études, sont en faveur d’une réévaluation des réglementations régissant l’usage des additifs alimentaires par les industriels afin de protéger la santé des consommateurs. Pour s’en protéger, les recommandations sont de privilégier les aliments frais et peu transformés et de limiter autant que possible les additifs superflus.
Pour la terre et la santé
Le symbole des panneaux de signalisation retournés a été bien choisi par nos paysans. Effectivement, on marche sur la tête. Leur travail harassant ne paie pas, au contraire de leurs charges qui s’envolent. Ils sont toujours moins nombreux pour nous nourrir alors que notre population est en croissance. Une folie. Alors les petites fermes sont remplacées par de vastes bâtiments hangars. Cette industrialisation à marche forcée promeut l’injonction de produire sans vraiment se soucier de nourrir. Exporter, importer, transformer s’opposent à la polyculture, aux circuits courts et à la valorisation du terroir en adéquation avec les besoins de ses habitants. Ceux-ci exigent une alimentation saine et écologiquement soutenable. On sait que pour répondre à la crise climatique, l’une des solutions est de modifier le contenu de nos assiettes, en accordant une plus large part aux aliments d’origine végétale. Mais ce n’est pas si simple, on a besoin d’outils et d’exemples. Pour ce faire, je vous invite à descendre le fleuve Rhône vers la mer, en direction du sud de la France. Dans le Gard, à une heure à l’ouest d’Avignon, se situe le Monastère de Solan. Une de mes voisines, très pieuse, y a ses habitudes. Titillé par la curiosité, bien que non croyant, je m’y suis rendu en famille à l’automne passé. Imaginez, un vaste domaine de 60 ha, mêlant forêt méditerranéenne, cultures, vignes et vergers ainsi que de magnifiques bâtiments en pierre dont une église orthodoxe. En effet, depuis plus de trente ans, une petite communauté de sœurs, appelées moniales, s’est installée là. Sur des terres autrefois épuisées par une agriculture intensive, elles ont mis en œuvre patiemment une agro écologie, sous les conseils avisés d’experts, notamment du regretté Pierre Rabhi. Le site à la riche naturalité a intégré le réseau Natura 2000 qui recense les territoires européens ayant une grande valeur patrimoniale par leur faune et leur flore exceptionnelles. Leurs efforts, leur spiritualité et leur foi en la nature, ont réussi à restaurer la fertilité des terres agricoles, en limitant le travail du sol, en l’amendant de compost et de micro-organismes à l’aide de la litière forestière fermentée !
Fruits de ce labeur, les sœurs réalisent des récoltes variées : raisins, pommes, noix, légumes, herbes aromatiques. Une partie de ces produits est transformée sur place et vendue dans leur magasin. A l’exception du raisin vinifié dans leurs chais, leur agriculture est essentiellement vivrière. En cuisine, la qualité des produits et l’habileté des sœurs en charge de la préparation des repas transforme les végétaux en mets délicieux et nourriciers. Un livre présentant les recettes du monastère vient de paraître. Une véritable bible de recettes divines. A l’instar de la Cucina povera, ces plats végétariens et végans sont simples mais colorés, variés et savoureux. D’inspiration traditionnelle, mais éminemment dans l’air du temps, ils remplissent les assiettes de nourriture saine et équilibrée. J’ai été ébloui par l’énergie et la vitalité qui émane des sœurs, même les plus âgées, de cette communauté très active et ouverte sur le monde. La spiritualité, la grâce me souffle ma voisine, les portent pour mener cette vie intense, rythmée par les offices, un travail intellectuel et des tâches physiques éreintantes les plus variées. Mais l’alimentation doit jouer aussi un rôle particulier. En tout cas, l’endroit est propice, on y fait réellement le plein d’énergie, en renouant avec une vie authentique, sobre et heureuse, en faisant des rencontres humaines rares au contact de la terre et de la nature.
Livre : La Foi, la Fourche et la Fourchette
Recueil de recettes du Monastère de Solan
Auteur : Perrine Bulgheroni
Photographie : Dorothée Perkins
Editeur : Hachette Pratique
EAN : 9782017252801
Livre : La Foi, la Fourche et la Fourchette
Recueil de recettes du Monastère de Solan
Auteur : Perrine Bulgheroni
Photographie : Dorothée Perkins
Editeur : Hachette Pratique
EAN : 9782017252801
Bien regarder en achetant son pain suisse !
C’est formidable de favoriser les emplois locaux et de privilégier les matières agricoles d’ici. Mais, malheureusement, le drapeau suisse ne garantit pas le bon pain. Trop de productions sont industrielles, aux farines blanches raffinées. Les variétés de céréales modernes sont productives au détriment du goût ou de leur digestibilité. Le pain au levain, plus sain et naturel, ne représente qu’une petite partie de la production boulangère. Et les farines complètes, à privilégier nutritionnellement parlant, contiennent des résidus de pesticides, si elles ne sont pas biologiques. Du champ au fournil, jusqu’à la table à manger, on doit améliorer les pratiques, réduire les impacts environnementaux et éduquer le consommateur. Sinon, il reste à faire son pain maison avec la meilleure farine possible.
L'agriculture bio: quels effets sur la santé ?
Manger bio coûte plus cher, c'est vrai. Pourtant en cuisinant maison et en végétalisant un peu son assiette, on arrive à diminuer l'écart financier. La réglementation rigoureuse de la bio évite l'emploi de produits chimiques ou médicamenteux des productions conventionnelles, ce qui est favorable à l'environnement. Lorsque l'on compare les produits gustativement, les aliments bio sont souvent plus savoureux et satiétogènes que ceux de l'agriculture intensive.
Mais quels effets escompter pour la santé ?
Des études sur l'homme sont lancées, elles sont longues à mener et parfois leurs présomptions dérangent. C'est tout l'objet de cette émission radio que je vous invite à écouter (voir lien).
Pourtant, chez l'animal, le doute n'est plus permis. Des chercheurs ont nourri des perdrix grises au grain bio et non bio. Au bout de quelques semaines, l'état général des oiseaux nourris au blé conventionnel s'est nettement dégradé (plumage, vigilance, système immunitaire, taille des œufs, prise de poids) ! Il est triste de noter que cette espèce a définitivement disparu de Suisse en 2019 et le remembrement n'est certainement pas le seul responsable.
Alimentation : Comment éviter le gaspillage
Le gaspillage alimentaire coûte cher au porte-monnaie et à la planète. Retrouvez des conseils pour limiter les pertes au maximum dans ce numéro du magazine de l'Environnement de l'OFEV (voir lien).
"La cuisine, c'est l'art d’accommoder les restes !" disait la mère d'une amie. Pas uniquement, mais au quotidien, de l'inventivité et de la technicité en cuisine permettent de réaliser des prouesses avec les aliments du frigo. N'hésitez pas à vous faire accompagner pour améliorer vos pratiques si vous êtes concernés par cette problématique.
